Hypnose & Nutrition holistique sur la Côte Suisse

Trek dans le désert avec Marie Jaggi

Pervers narcissique ou comprendre le mécanisme selon Racamier

Le conte du manteau invisible

Il était une fois un homme qui portait un manteau très lourd.

Personne ne voyait ce manteau, mais lui le sentait en permanence.
Il était fait de honte, de culpabilité, de peur et de fragilité.

Ce manteau lui pesait terriblement.

Un jour, il rencontra une femme attentive et bienveillante.

Au début, ils marchèrent simplement côte à côte.

Puis, presque imperceptiblement, l’homme posa un coin de son manteau sur les épaules de la femme.

Elle sentit un léger poids, mais pensa que c’était normal dans une relation.

Alors elle continua d’avancer.

Au fil du temps, le manteau devint plus lourd.

Quand elle s’en étonnait, l’homme lui expliquait calmement qu’elle se trompait.

Qu’elle était trop sensible.
Qu’elle interprétait mal les choses.
Qu’elle se faisait des idées.

Alors la femme se mit à douter.

Peut-être qu’elle exagérait.
Peut-être qu’elle comprenait mal.

Alors elle fit davantage d’efforts.

Elle chercha à comprendre.
À apaiser.
À réparer.

Et sans vraiment s’en rendre compte, le manteau reposait maintenant presque entièrement sur ses épaules.

Un jour pourtant, épuisée, la femme s’arrêta.

Elle regarda le manteau et se demanda :

« Comment ce poids est-il arrivé jusqu’à moi ? »

Alors, doucement, elle retira le manteau de ses épaules et le posa à terre.

À ce moment-là, l’homme sembla soudain très inquiet.

Car pour la première fois depuis longtemps, le manteau se trouvait à nouveau devant lui.

Et il n’avait plus personne pour le porter à sa place.

Dans certaines relations, ce qui se joue ne relève pas seulement d’un conflit ou d’un désaccord.

Il peut s’agir d’un mécanisme psychique plus profond, dans lequel une personne se libère de ce qu’elle ne peut pas porter intérieurement… en le déposant progressivement sur l’autre.

C’est précisément ce que le psychiatre et psychanalyste français Paul-Claude Racamier a décrit avec une grande précision clinique.

Une organisation psychique plutôt qu’un “méchant”

Dans le langage courant, on parle souvent de “pervers narcissiques”.

Mais Racamier ne cherchait pas à désigner un type de personne à condamner.

Il décrivait une organisation psychique particulière.

Dans cette organisation, la personne ne peut pas tolérer un vécu intérieur spécifique : ce qu’il appelait la dépression psychique structurante.

Cette étape du développement psychique permet normalement d’intégrer certaines réalités fondamentales :

  • reconnaître sa part de responsabilité

  • accepter ses limites

  • admettre que l’on peut blesser ou décevoir

  • supporter une certaine honte ou culpabilité

Ce processus permet de construire une véritable capacité relationnelle.

Mais lorsque ce vécu devient insupportable, certains mécanismes se mettent en place pour l’éviter.

L’expulsion psychique

Le mécanisme central décrit par Racamier est ce qu’il appelle l’expulsion psychique.

Ce n’est pas simplement projeter un défaut sur quelqu’un d’autre.

C’est organiser la relation de manière à ce que l’autre porte réellement ce que l’on ne peut pas ressentir soi-même.

Dans ces dynamiques, la personne en face peut progressivement se retrouver à s’excuser sans comprendre pourquoi, expliquer des choses qu’elle n’a pas faites, justifier ses émotions, douter de ses souvenirs ou tenter de réparer le malaise global de la relation.

Peu à peu, elle devient celle qui tente de maintenir l’équilibre.

Le régulateur.
Le réparateur.
Celui ou celle qui fait les efforts.

Pendant que l’autre reste psychiquement intact, tant que la personne en face accepte, souvent malgré elle, de porter ce qui lui est expulsé.

Mais lorsqu’une résistance intérieure apparaît et que cette personne cesse ou refuse de porter ce qui ne lui appartient pas, l’équilibre relationnel se fragilise.

Le conflit revient alors vers celui qui cherchait à l’éviter.

Et c’est souvent à ce moment-là que la relation se tend : accusations, retournements de responsabilité, dévalorisation ou rupture peuvent apparaître.

Pourquoi certaines personnes deviennent le réceptacle de ces mécanismes

Un point essentiel dans la pensée de Racamier est que ces situations reposent sur une dynamique relationnelle.

Certaines personnes deviennent plus facilement le réceptacle de l’expulsion psychique.

Non pas parce qu’elles sont faibles, mais souvent parce qu’elles possèdent des qualités humaines précieuses :

  • empathie voir en excès abnégation

  • sens de la responsabilité

  • capacité à comprendre les autres

  • désir d’harmonie

Ces qualités sont normalement des forces.

Mais dans un système d’emprise, elles peuvent devenir un point d’appui pour la dynamique relationnelle.

Plus la personne cherche à comprendre, plus elle absorbe ce qui se passe.

Et progressivement, la relation devient asymétrique.

L’un se protège psychiquement.

L’autre travaille psychiquement pour deux.

Le lien avec le triangle de Karpman

Ces dynamiques peuvent également être éclairées par le modèle du Triangle de Karpman.

Ce modèle décrit trois positions relationnelles qui peuvent apparaître dans les situations conflictuelles :

  • la victime

  • le persécuteur

  • le sauveur

Dans les dynamiques d’emprise, la personne qui cherche à comprendre et maintenir le lien se retrouve souvent dans la position du sauveur.

Elle tente d’aider, d’apaiser les tensions, de restaurer l’équilibre, de trouver des solutions et d’examiner sa propre part de responsabilité dans la relation.

Mais la réalité est souvent plus complexe que ce schéma théorique.

Aujourd’hui, beaucoup connaissent très bien les mécanismes psychologiques liés à la manipulation, à l’emprise ou à la perversion narcissique.

Et le mental construit un chemin permettant de ne pas se confronter à ce face à face avec soi-même. Cette connaissance devient alors une stratégie qui renforce encore le mécanisme.

Les rôles du triangle peuvent alors être anticipés et manipulés.

La personne peut se présenter comme victime avant même que le conflit n’apparaisse ou que ses failles se révèlent, et accuser l’autre de manipulation ou déplacer les responsabilités.

Cette dynamique crée une grande confusion.

Car celui qui tente sincèrement de comprendre la situation peut progressivement être placé dans la position du persécuteur. Ce qui lui fait perdre encore plus pied.

Le triangle ne disparaît pas.

Il devient un espace où les rôles peuvent être déplacés, inversés ou instrumentalisés.

Une question exigeante pour chacun de nous

La réflexion de Racamier rappelle aussi quelque chose d’inconfortable :

ces mécanismes existent à petite échelle chez tout le monde.

Qui n’a jamais :

  • minimisé sa responsabilité

  • déplacé un reproche

  • évité de reconnaître une faute

La différence entre maturité psychique et organisation perverse n’est pas l’absence de ces mécanismes.

C’est la capacité à reconnaître sa part.

Pouvoir dire : « Oui. Là, c’est moi. »

Observer les dynamiques plutôt que chercher un coupable

La pensée de Racamier invite finalement à déplacer le regard.

Plutôt que de chercher un “pervers narcissique”, il peut être plus utile d’observer les dynamiques relationnelles.

Quelques questions deviennent alors essentielles :

  • la responsabilité circule-t-elle dans la relation ?

  • le conflit peut-il être partagé ?

  • chacun peut-il reconnaître sa part ?

Car lorsqu’une seule personne porte systématiquement la charge psychique du système, la relation finit souvent par devenir profondément déséquilibrée.

Et peut-être la question la plus exigeante reste celle-ci : Sommes-nous capables d’assumer nos propres conflits intérieurs… ou sommes-nous tentés de les faire porter à ceux que nous aimons ?

Car c’est souvent là que tout commence.

6 mars 2026 Marie Jaggi

Retrouver son équilibre intérieur

Lorsque l’on a vécu des dynamiques relationnelles d’emprise, certaines traces peuvent persister : doute de soi, hypervigilance, difficulté à faire confiance à ses ressentis.

Un accompagnement thérapeutique peut aider à restaurer un équilibre plus profond.

L’hypnose permet d’apaiser le système nerveux, de libérer certaines empreintes émotionnelles et de retrouver une confiance plus stable dans ses perceptions.

Le coaching aide à clarifier les schémas relationnels, à reprendre sa place et à poser des limites plus justes.

L’acupressure, en agissant sur les points énergétiques du corps, contribue à relâcher les tensions accumulées et à favoriser un apaisement global.

Ces approches complémentaires permettent progressivement de retrouver un axe intérieur plus stable et des relations plus équilibrées.

Se faire accompagner

Comprendre ces mécanismes est une première étape.
Mais sortir durablement de certaines dynamiques relationnelles demande souvent un travail plus profond : retrouver confiance en ses perceptions, apaiser le système nerveux et reconstruire un axe intérieur stable.

Dans mon accompagnement, j’associe hypnose thérapeutique, coaching et acupressure afin d’agir à la fois sur les schémas inconscients, la posture relationnelle et l’équilibre du corps.

Si vous ressentez le besoin d’y voir plus clair ou de retrouver votre stabilité intérieure, une séance peut être un premier pas.

About Marie Jaggi

Thérapeute agréée depuis 2010, j'ai accompagné à ce jour plus de 2000 clients vers l'atteinte de leur objectif. Passionnée par mon métier, ma boîte à outils se compose des techniques suivantes: Hypnothérapie OMNI Nutrition spécialisée dans les troubles du métabolisme et comportement agréée ASCA Coaching personnel et professionnel ICF Education thérapeutique des patients atteints de maladies chroniques

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