Hypnose & Nutrition holistique sur la Côte Suisse

Substances, addictions, TCA

La fuite de l’inconfort ou l’illusion du retour au confort

Imaginez un village construit au bord d’un lac. L’eau y était magnifique, mais imprévisible. Certains jours, elle était calme. D’autres, elle montait brutalement, inondant les maisons. Les habitants avaient trouvé une solution rapide : dès que l’eau envahissait les rues, ils empilaient des sacs de sable devant leurs portes. Cela fonctionnait. L’eau reculait. Le danger semblait maîtrisé.

Mais personne ne regardait la source en amont.

Personne ne s’occupait du barrage fissuré.

Les addictions et les troubles du comportement alimentaire ressemblent souvent à ces sacs de sable. Ils sont des tentatives de protection face à une montée d’inconfort intérieur. Ils ne sont pas absurdes. Ils sont adaptatifs. Ils répondent à une nécessité : réguler quelque chose qui déborde.

Derrière une consommation répétée d’alcool, de sucre, de cannabis, derrière des épisodes d’hyperphagie, de restriction ou de vomissements, on retrouve presque toujours un système nerveux en déséquilibre. Hyperactivation, stress chronique, mémoire traumatique non intégrée, solitude affective, surcharge mentale… Le corps cherche une solution rapide.

Sur le plan neurobiologique, les substances et certains comportements compulsifs activent le circuit de la récompense, notamment via la dopamine et les opioïdes endogènes. Ils modulent également le cortisol et peuvent produire une sensation transitoire d’apaisement. Ce soulagement est réel, mesurable. Mais il est temporaire. À long terme, la répétition du mécanisme accentue la dérégulation et augmente le seuil nécessaire pour obtenir le même effet.

Ce n’est donc pas le plaisir qui est recherché en premier lieu. C’est le retour au calme.

Le problème n’est pas la recherche de confort. C’est le raccourci neurochimique.

Comprendre avant de supprimer

Pendant longtemps, les approches centrées sur la seule suppression du comportement ont montré leurs limites. Les données actuelles en neurosciences et en psychotraumatologie indiquent que la régulation du système nerveux autonome est une clé centrale dans la prise en charge des addictions et des TCA. Les travaux de Stephen Porges sur la théorie polyvagale, par exemple, ont mis en évidence l’importance de la sécurité perçue et de la co-régulation dans le retour à un état stable.

Autrement dit : tant que l’organisme ne se sent pas suffisamment en sécurité, il cherchera des stratégies de compensation.

C’est dans ce cadre que certaines approches intégratives prennent tout leur sens.

On parle souvent d’addiction comme d’un manque de volonté.
Comme d’un problème de discipline.
Comme d’un excès.

En réalité, il s’agit presque toujours d’une tentative d’auto-régulation.

Derrière une consommation de sucre, d’alcool, de cannabis, de médicaments, de travail excessif, d’écrans…
il y a rarement une recherche de « déchéance ».

Il y a une recherche de soulagement.

Hypnose : agir sur la régulation et les circuits automatiques

L’hypnose clinique n’est pas une suggestion magique. Elle agit sur l’attention focalisée, la plasticité neuronale et la modulation des réponses automatiques. Des méta-analyses publiées dans The International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis et Psychology of Addictive Behaviors montrent des effets significatifs de l’hypnose dans la réduction de certaines dépendances (notamment tabac) et dans la gestion des compulsions alimentaires, lorsqu’elle est intégrée dans un cadre thérapeutique structuré.

L’hypnose permet notamment :

  • de diminuer l’hyperréactivité émotionnelle,

  • de travailler les mémoires associées aux comportements,

  • de renforcer la perception de contrôle interne,

  • d’installer des réponses alternatives face aux déclencheurs.

Elle agit sur la racine adaptative du comportement plutôt que sur sa seule expression.

Acupressure : moduler la réponse au stress

L’acupressure, issue de la médecine traditionnelle chinoise, a fait l’objet de recherches croissantes ces dernières années. Des études publiées dans Journal of Alternative and Complementary Medicine et Complementary Therapies in Medicine montrent des effets sur la réduction du stress, de l’anxiété et des symptômes de sevrage, notamment via la stimulation de points associés à la régulation du système nerveux.

Certaines stimulations favorisent l’activation parasympathique, abaissent la fréquence cardiaque et diminuent la perception subjective de tension. Dans un contexte d’addiction ou de TCA, cela peut constituer une alternative physiologique concrète au recours immédiat à la substance ou au comportement compulsif.

On ne supprime pas une tension par la volonté. On la régule par le corps.

Nutrithérapie : restaurer l’équilibre biologique

Les déséquilibres micronutritionnels jouent un rôle sous-estimé. Des déficits en magnésium, oméga-3, zinc, vitamines du groupe B ou des perturbations de la glycémie influencent directement la stabilité émotionnelle et la vulnérabilité aux compulsions.

Des recherches publiées dans Nutrients et The American Journal of Clinical Nutrition soulignent le lien entre régulation glycémique, inflammation de bas grade et comportements alimentaires impulsifs. Restaurer une stabilité métabolique contribue à diminuer les pics d’envie et la fragilité émotionnelle associée.

La nutrithérapie ne remplace pas le travail psychique, mais elle soutient la base physiologique nécessaire à la stabilité.

Coaching : reconstruire la cohérence interne

Le coaching thérapeutique, lorsqu’il est structuré et centré sur les valeurs, renforce le sentiment d’auto-efficacité. Les modèles issus de la psychologie comportementale et motivationnelle (notamment les travaux de Bandura sur l’auto-efficacité et ceux de Miller & Rollnick sur l’entretien motivationnel) montrent que la perception de compétence personnelle est un facteur majeur de maintien du changement.

Le comportement addictif crée souvent une fracture interne : une partie veut arrêter, l’autre veut continuer pour se protéger. Le coaching aide à restaurer une cohérence, clarifier les motivations profondes et construire des stratégies réalistes.

Stopper l'engrenage, la chute ou le problème. Faire un reset et retrouver son état d'origine sain

Restaurer le barrage plutôt qu’empiler les sacs de sable

Revenons au village.

Lorsque les habitants ont enfin décidé d’aller voir le barrage fissuré, ils ont compris que l’eau n’était pas l’ennemie. Elle suivait simplement son cours. En réparant la structure en amont, les inondations ont cessé d’elles-mêmes. Les sacs de sable sont devenus inutiles.

Les addictions et les TCA ne sont pas des ennemis à abattre. Ce sont des indicateurs d’un système sous pression.

Lorsqu’on restaure :

  • la sécurité intérieure,

  • la régulation nerveuse,

  • la stabilité biologique,

  • la cohérence psychique,

le besoin de compensation diminue naturellement.

Ce n’est pas une suppression brutale.
C’est un rééquilibrage progressif.

Et lorsque la sécurité devient interne, le confort n’a plus besoin d’être emprunté à une substance ou à un comportement.

Il devient durable.

About Marie Jaggi

Thérapeute agréée depuis 2010, j'ai accompagné à ce jour plus de 2000 clients vers l'atteinte de leur objectif. Passionnée par mon métier, ma boîte à outils se compose des techniques suivantes: Hypnothérapie OMNI Nutrition spécialisée dans les troubles du métabolisme et comportement agréée ASCA Coaching personnel et professionnel ICF Education thérapeutique des patients atteints de maladies chroniques